Presentation

Noël 2009, après 25 ans d'abstinence je décide de me remettre à la photo et je m'offre le Nikon d300s.

À 15 ans la photo était une passion, équipé de mon praktica Mtl 3, je me levais tôt le matin pour aller saisir les levers du soleil et les animaux que je pouvais rencontrer, puis après avoir calfeutrer la salle de bain familiale, je m'attelais à développer le tout.

Nostalgie, nostalgie....

Et puis la vie suit son chemin et le mien s'est éloigné de cette passion. Il aura fallu une rencontre en vtt un peu violente avec un chêne, pour que je décide de revenir à des activités plus raisonnables. Ce fût l'appel de la Nature.

25 ans sans toucher un reflex, j'ai mis quelques temps pour m'y réhabituer et comprendre tout le fonctionnement de ces bijoux modernes. Beaucoup de photos ratées, de temps passé derrière l'ordinateur, mais aussi et surtout de temps passé dehors à traquer les animaux. C'est vite devenu une passion et un besoin. Deux fois par semaine, c'était ma bouffée d’oxygène.

Pendant plusieurs années je n'ai rien fait de bien terrible, à part quelques cadeaux de Dame Nature. Mais j'ai beaucoup écouté et beaucoup appris, à prendre mon temps, à être discret, à ne pas trop gêner et ne jamais déranger...

Aujourd'hui la photographie est devenu pour moi une activité à mi-temps, mon rêve, qu'elle devienne un temps complet....


à la poursuite du martin pêcheur

Depuis que j'ai repris la photo, que ce soit sur les forums ou dans les revues, un sujet a souvent attiré mon attention, le martin pêcheur. Ses couleurs, sa rapidité, son aspect photogénique tout m'attirait vers lui.

J'ai fais des recherches sur son mode de vie, son habitat, j'ai appris à reconnaître son cri, puis je l'ai traqué et j'ai fini par le trouver, en 2012 le long de la Gluyére, petite rivière proche de chez moi. J'ai pu l'observer sur un secteur où il venait régulièrement pêcher, le photographier aussi mais de façon plus que moyenne. J'ai eu beau essayer et essayer encore, le résultat restait médiocre, trop peu de lumière à cet endroit, j'étais mal placé, mal camouflé. Au vue des photos extraordinaires que l'on peut rencontrer de cet oiseau, je n'avais plus qu'une solution : trouver un spot payant si nécessaire...

Mais non, je n'avais vraiment pas envie de cela, mon plaisir avant tout c'est la traque, puis le partage , mais je n'ai pas envie de faire des kilomètres pour prendre une photo, et puis si c'est pour faire celle que beaucoup ont déjà, j'en voyait encore moins l’intérêt.

Je suis donc passé à autre chose et ai décidé de varier les plaisirs en me lançant aussi sur la photo de paysage, l’Ardèche pour cela est un véritable trésor. Je décide donc en septembre 2014 de m'offrir le d810 et un objectif grand angle (16-35).

Chemin faisant, ma vision de la photo évolua et je commençais à penser certaines photos avant de les faire. J'avais donc en tête une photo du lever du soleil sur les 3 becs avec l'Eyrieux au premier plan. J'avais repéré de la route un endroit qui me semblait pas mal mais je ne l'avais pas exploré plus que ça.


14 Janvier 2015 . Comme chaque veille de sortie photo, je regarde la météo. Super, la matinée que j'attendais, couvert sur l’Ardèche et dégagé sur la Drôme. Je vais pouvoir réalisé la photo que j'ai en tête. Un lever du soleil sur les 3 becs avec l'Eyrieux au premier plan. Je prépare le matériel et vais me coucher pour être en forme tôt le lendemain.


15 Janvier 6 h. Le réveil sonne, c'est plutôt confortable, à cette saison le soleil se lève tard. J'ai ½ heure de route mais je n'ai pas repéré les lieux de façon précise, il me faut donc prévoir un peu de marge.


7h15  . Je me gare sur le bas côté, j'avance explorer à pied, le lieu idéal ne doit pas être loin. J'emprunte un petit sentier mais après un virage je m'aperçois que je m'éloigne de mon objectif, vite la lumière commence à pointer à l'horizon. Je coupe à travers champs, à la frontale ce n'est pas évident. J'arrive sur un champ d'arbres fruitiers, c'est le bordel, il y a des fils de fer dans tout les coins. Les crues de cet automne ont emporté plus de 10 m de terre avec les arbres les tuyaux d’irrigation et les fils du palissage pour les kiwis. J'enjambe, je me faufile. Aie !! celui là je ne l'ai pas vu je me suis écorché tout le tibia et ai pris une bonne gamelle. Heureusement le matos est bien protégé dans mon sac. Bon, il faut que je sorte de là, je prends sur la droite, me faufile une dernière fois et aperçois le St Graal, le lieu dont je rêvais. J'avance encore un peu et suis surpris par 2 martins pêcheurs qui s'envolent à mon approche. Je descends au bord de l'eau et me retrouve juste à côté de leur perchoir. Dire que je rêve de les shooter en vain et là ils s'offrent à moi. Comme quoi c'est bien la Nature qui nous offre nos photos. Mais là n'est pas le sujet du jour, revenons en à notre lever du soleil.


7 h 45 . Je m'installe, pose mon trépied, le mets de niveau, installe mon d810 avec son 16/35 son porte filtre, prépare mes filtres DNG, et branche mon déclencheur sans fil. Le soleil commence à éclairer le ciel, les couleurs sont magiques.


7 h 54 . premier shoot. Je vérifie le résultat, fais quelques modifications et en reprends quelques unes.


8 h15.  Je décide d'en tenter 2 ou 3 avec le filtre big stopper.


8 h30. séance du jour terminé. Je repense aux martin pêcheur et observe les lieux. Si cette branche qui dépasse est un perchoir régulier, j'ai peux être moyen de faire une superbe photo. Je dois y réfléchir encore......

 

à suivre.

à la poursuite du martin pêcheur 2éme partie

22 Janvier. Depuis une semaine je n'ai qu'une idée en tête retourner sur les lieux et prendre les 2 flèches bleus en photos. Mais si c'est pour faire la photo que l'on voir partout je ne vois pas trop l'intérêt d'aller les embêter pour ça. Ce que je veux c'est l'oiseau sur son perchoir avec le lever du soleil derrière. Ma solution est de les habituer à l'appareil longtemps à l'avance. Les oiseaux ont toujours peur de l'homme et globalement de ce qui bouge ou fait du bruit, mais pas des objets statiques. Je fabrique donc un leurre en forme d'appareil recouvert d'une housse ressemblant à ma housse anti bruit faite maison.


23 Janvier. Me revoici sur les lieux, j'installe mon leurre avant le lever du soleil afin de déranger dame Nature le moins possible. J'en profite pour mieux repérer les lieux et prévoir l'endroit où je m'installerais avec mon d 300 équipé de son 500mm, le 810 sera lui en déclenchement à distance dans sa housse anti bruit et viendra remplacé le leurre. Je choisis un emplacement où je serais couché un peu en hauteur sur les rives à 5m environ de la branche perchoir. Il faut que je me fasse également un système pour être couché sans que l'oiseau puisse voir mes mouvements.


27 mars. J'ai laissé passer du temps, le temps que Martin et Martine s'habitue à mon leurre, le temps que je prépare le matériel nécessaire ( je me suis fais un sorte de petite toiture de 40 cm de haut avec des bambous afin de me coucher dessous, ainsi je peux affûter plusieurs heures, bouger un peu, boire si nécessaire, sans être vu) et le temps que la météo soit clémente...

C'est le grand jour, à 5 h en arrivant sur les lieux je suis un peu fébrile.

1er acte, remplacer le leurre par mon appareil, tout se passe sans soucis.

2éme acte m'installer sous ma cachette, c'est une autre histoire, difficile de se glisser dessous d'y installer le matériel, mais je finis par y arriver. C'est loin d'être le grand confort, il y a un trou au niveau de mon bassin du coup c'est un peu rude pour le dos mais bon on tiendra, le jeu en vaut la chandelle.

  7h   Un oiseau se pose sur la branche, mais pas assez de lumière, je ne peux rien faire.

  8 h 15   Cette fois c'est bon je déclenche les 2 appareils. Pour le d810 c'est facile j'ai juste à appuyé sur la télécommande, pour le d 300 c'est une autre histoire. Pas de trépied si bas, du coup il est juste posé sur le collier de trépied du 500 mm, pas terrible difficile à stabiliser, hop Martin s'en va.


  8h38   Le revoilà, je suis prêt, mon mouvement est pratiquement imperceptible, je shoote. Le d 300 est un peu bruyant et je n'ai pas de housse, mais le bruit n'a pas l'air de le déranger. Il ne reste toutefois pas longtemps posé au même endroit.


  9h12  Je l'entends mais ne le voit pas, je bouge tout doucement pour le localiser, je finis par le repérer, il est sur une branche en dessous de moi, la lumière est excellente, le peux voir le ciel dans son œil, je shoote.


  9h 45   Ras. Le vent s'est levé, j'ai le dos en vrac et j'ai froid, je décide de rentrer. Pour une première je suis assez content, on verra les résultat à la maison.


13 h30   Je regarde les résultats à l'écran, ma première impression c'est la déception, je n'ai pas la photo que je veux, mais en fait c'est pas si mal, bon il n'y a rien à tirer des photos du 810, mais avec le d300 c'est correct. Il faudra toutefois que je remette ça.